Coach de vie ou psychologue : Lequel choisir ?

Mis à jour : janv. 11



Le domaine du bien-être ne cesse de se déployer, allant de pair avec une expansion des professionnel·les dédié·es à cette cause. Entre coachs de vie, psychologue, psychiatre, psychanalyste, sophrologue, hypnotiseur·se, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver.


Puisqu’il est primordial de bien choisir ce dont vous avez besoin et quel·le professionnel·le pourra au mieux répondre à votre demande, deux experts dans leur domaine ont décidé de se réunir afin de vous éclairer sur la question.


Ainsi, Lucie Cormons, psychologue clinicienne (http://www.psyanosmie.com) et Guillaume Limbert, coach certifié en développement personnel (http://guillaume-limbert.com) se sont réunis autour d’une interview croisée.

Alors, si vous voulez faire le bon choix et savoir quel·le professionnel·le est le mieux adapté·e pour répondre à vos objectifs, cet article est fait pour vous.

1- Pouvez-vous présenter votre parcours universitaire et professionnel ?


Lucie CORMONS: Je suis diplômée d’un Master 2 – Clinique et Recherche en Psychologie Clinique option victimologie / criminologie de l’Université Grenoble Alpes (anciennement Pierre Mendès France).


Par la suite, après avoir passé 2 ans et demi à la création de la chaire « Anosmie : rendre visible l’invisible » à Grenoble École de Management, j’ai ouvert mon champ d’expertise sur les troubles de l’odorat (anosmie) et du goût (agueusie).


À ce jour, je donne des consultations à mon cabinet sur Meylan ou bien en téléconsultation. Je termine également une thèse doctorale en Psychologie - Ergonomie de conception.

Guillaume Limbert: Je suis Guillaume Limbert, coach certifié en développement personnel expert en procrastination.


J'ai suivi un cursus universitaire en économie et gestion. Pour mon DESS (bac + 5), je me suis spécialisé en économie du sport et des loisirs.


J'ai occupé le poste de responsable de Fitnessboutique Grenoble durant 6 ans. Puis, j'ai créé avec un associé la SARL Events consulting Alpes spécialisée dans la conception d'événements sur mesure durant 3 ans. En parallèle de cette société, j'ai obtenu un certificat de coach de vie avec mention très bien.


Depuis un an, je suis coach de vie à plein-temps à Monbonnot.


2- Quel a été votre déclic pour vous lancer ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?


LC: La psychologie dans son ensemble m’a toujours passionnée. Depuis toujours, j’ai le rôle de la confidente, la bonne oreille, la conseillère. Forte de ses traits de caractère, j’ai décidé d’étudier la psychologie sans le moindre doute. Pouvoir utiliser mes capacités et mes forces pour aider les autres était pour moi une évidence.

GL: Sans le savoir, je suis passionné par le développement personnel depuis plus de 10 ans. Alors que mon activité tournait à plein régime, mon déclic s'est produit lors de la deuxième année dans l'événementiel.


Mon envie de toujours faire mieux m'a poussé à chercher des articles qui parlent de « comment devenir un bon patron ». De nombreux articles expliquaient que la majorité des chefs d'entreprise qui réussissent lisent en moyenne 60 livres par an ! J'en étais très loin. Cela a renforcé mon opinion sur le fait que la connaissance permet d'augmenter la créativité, de rester stimuler et d’évoluer / de toujours innover.


Je me suis dit : « Pourquoi ne pas essayer !». Après la lecture d’un livre fort « Pouvoir illimité » d’Anthony Robbins, des mots étaient enfin mis sur le ressenti que j’avais depuis de nombreuses années. En effet, les notions de performance et bien-être ne sont pas opposées, mais au contraire, complémentaires.


3- Pourriez-vous nous en dire plus sur le·a professionnel·le à choisir selon les problématiques rencontrées ?


LC : un suivi thérapeutique avec un·e psychologue clinicien·ne est recommandé pour toutes personnes ayant besoin de soutien et d’accompagnement suite à des situations occasionnant de la souffrance.


Un suivi peut donc être recommandé pour des personnes traversant une période de mal-être chronique ou ponctuel, de remise en question, de doute. Également, à celles et ceux qui ont vécu ou vivent un ou des événements de vie difficiles tels que le deuil, la maladie, un accident, un licenciement, des problèmes familiaux, une grossesse difficile, des violences en tous genres, une agression, du racisme, etc.


Dans certains cas, la souffrance est telle qu’elle va altérer le bon fonctionnement de la personne. C’est le cas pour celles et ceux qui expérimentent des troubles de l’ordre :

- Émotionnel : dépression, burn-out, trouble bipolaire, stress chronique, syndrome de stress post-traumatique, etc.

- Anxieux : anxiété chronique et/ou généralisée, TOC, phobies, etc.

- Du comportement : troubles alimentaires, addictions, insomnie, etc.


Il est difficile de nommer toutes les raisons d’aller consulter un·e psychologue. Cependant, les éléments majeurs à prendre en compte sont la souffrance de la personne et les répercussions que cela engendre au quotidien.


Deux distinctions sont importantes à connaître pour bien choisir son·a praticien.ne :


- La différence avec un psychiatre qui est un·e médecin spécialisé·e en psychiatrie. Ils ou elles sont formé·e à établir un diagnostic et à prescrire des médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, neuroleptiques, somnifères, etc.). S’ils ou elles sont formé·es à la psychologie, alors des thérapies par la parole peuvent être proposée. Cependant, généralement la prise en charge est médicamenteuse.


- Connaître l’orientation thérapeutique du·de la praticien·ne est indispensable afin d'être satisfait de sa thérapie. La distinction se fait principalement entre la psychanalyse (centrée majoritairement sur le rôle de l’inconscient, le·a psychanalyste intervient peu durant les séances) et les Thérapies Cognitivo-Comportementales (centrées sur les pensées et comportements problématiques actuels, travail en collaboration avec le·a patient·e). Je vous invite à lire l’article suivant pour mieux comprendre ces distinctions et pour faire un choix éclairé : http://psyanosmie.com/post/comment-bien-faire-son-choix

L’important est donc de bien réfléchir à quel type d’approche thérapeutique vous inspire confiance et, parait être la meilleure pour répondre à votre problématique selon vos attentes et besoins.

GL: Je me suis spécialisé en procrastination.


Pourquoi la procrastination ? Parce que la vie défile à une vitesse ahurissante et qu'il y a un curieux paradoxe dans nos vies actuelles. Nous pensons que lorsque nous procrastinons, nous ne faisons rien. Sauf que ce n'est pas la réalité.


En effet, nous sommes occupés tout le temps ! Une grande majorité du temps, nous procrastinons, non pas parce que nous ne faisons rien, mais parce que nous faisons autre chose. Notre vie manque de sens, non pas parce que nous n'agissons pas, mais parce que nous ne faisons pas l'activité adaptée pour atteindre notre objectif.


Par exemple, au lieu d'étudier ou travailler, nous allons passer du temps sur nos réseaux sociaux, des jeux, en soirée avec nos amis. Nous agissons. Cependant, est-ce que c'est la bonne action ? Pourquoi les activités a priori susceptibles de faire une différence dans notre vie sont-elles si démotivantes ?

Avec cette approche, nous pourrions croire que nous allons avoir une vie seulement de travail et sans plaisir. C'est tout le contraire ! Cette approche vous permet d'avoir une vie pleine de sens. Une vie qui compte vraiment.


Nous allons déterminer exactement ce que vous voulez faire et réussir pour ne pas avoir de regrets. Par rapport à vos objectifs, nous allons déterminer d'arrêter de faire certaines activités et accorder du temps seulement aux activités susceptibles de faire réellement une différence dans votre vie. Vous allez gagner en efficacité, en énergie et en bonheur.


4- Quels sont les méthodes et outils que vous utilisez dans vos pratiques professionnelles ?


LC : Les outils thérapeutiques que j’utilise sont issus des Thérapies Cognitivo-comportementales (TCC). Les TCC sont des prises en charge conçues pour apaiser les souffrances psychiques qui reposent sur une méthodologie scientifique. En d’autres termes, ma pratique et mes connaissances théoriques sont fondées sur des techniques scientifiques validées.


À travers le travail thérapeutique, j’aide mes patient·es à mieux comprendre leur fonctionnement c’est-à-dire les schémas de pensées qu’ils·elles opèrent, la manière dont ils·elles gèrent quotidiennement les événements de vie, la vision qu'ils·elles ont d’eux-mêmes, la relation qu’ils·elles ont avec leur environnement (social, professionnel, familial) ou encore leurs peurs fondamentales.


Le but à travers cette connaissance est d’offrir des clés pour assouplir les schémas voire les déconstruire lorsque ceux-ci sont délétères. Je peux ainsi les aider à développer une relation apaisée avec leurs expériences internes (développer les émotions positives, abaisser les négatives).


Cette connaissance donne également une possibilité d’agir sur des dimensions comme le sens que nous donnons à nos vies, nos engagements et valeurs profondes, et tout ce qui contribuent à rendre nos vies meilleures. En ce sens, je cherche à favoriser une meilleure compréhension du fonctionnement optimal de mes patient·es et leur permettre d’identifier les mécanismes pour être épanoui·es et vaincre leurs peurs.


Pour finir, j’accompagne mes patient·es, au fil des séances, afin de réduire leurs symptômes émotionnels (tristesse, anxiété, etc.) ou somatiques (maux de tête, d’estomac, etc.) mais également afin de renforcer leurs ressources présentes (force de caractère, capacité d’adaptabilité, etc.). Ainsi, en plus de les encourager dans la réalisation d’activités favorisant l’épanouissement et le bien-être, je leur donne des clés pour mieux gérer les situations de vie même les plus difficiles.

GL : Pour réussir votre accompagnement, j'utilise principalement les outils suivants :


L'écoute active et la reformulation. L'objectif est de déterminer VOS objectifs et VOS activités essentielles. Ce que vous voulez vraiment.


La PNL, programmation neuro-linguistique permet d'identifier les schémas comportementaux, cognitifs et linguistiques associés à l'excellence. Une fois les schémas identifiés, cela permet à d’autres personnes de se les approprier de façon simple et rapide. Avec l’aide du coach, le coaché·e va pouvoir trouver et exploiter une stratégie efficace pour atteindre ses objectifs. Comme pour un sportif qui veut « performer ». Plutôt que créer une nouvelle méthode d’entraînement, le plus simple est de s'inspirer des méthodes d'entraînements des anciens champions et de la faire évoluer.


L'insertion d'outils simples et primordiaux dans le quotidien tel que l'agenda et du bloc-notes. Pour contrer la procrastination, surtout au départ, il faut de la discipline.


L'amusement : trouver des nouvelles habitudes positives que vous trouvez ludiques et adaptées à vos personnalités et qui faciliteront la concrétisation de vos objectifs. Essayer d'intégrer une nouvelle habitude « agaçante » c'est mission impossible.


Généralement, le coaché connaît déjà la solution à son problème. L'objectif est de comprendre pourquoi il n'arrive pas à la mettre en place. Et ensuite, trouver un processus pour que la solution soit appliquée durablement, avec plaisir et efficacité.


5- Décrivez-nous comment se déroule une séance type.


LC: la séance dure environ 1 heure. Le rythme des séances est à fixer en fonction des besoins du·de la patient·e puisque chaque personne est unique avec des besoins spécifiques à respecter et à adapter au fil des séances.


Les séances peuvent être des séances de soutien psychologique, ou bien une prise en charge thérapeutique à l’aide d’une psychothérapie adaptée.


Dans certain cas, il est possible que le·a patient·e ait des difficultés à exprimer sa souffrance à ses proches. Il est donc tout à fait possible d’inclure des séances à plusieurs où mon rôle sera de médiatiser et de faciliter la parole de mon·a patient·e. Le temps d’un suivi thérapeutique est complètement variable d’une personne à l’autre.

GL: À chaque séance le coaché doit avancer vers son objectif! Toutes les séances sont efficaces. Dans cette volonté d'avancer à chaque fois, les séances durent en moyenne 1h30.


​À chaque séance, nous prendrons le temps nécessaire pour définir une stratégie concrète avec des outils à mettre en place. Cette stratégie doit être voulue, approuvée et validée par le coaché.


Une séance est en face à face, individuelle, sur-mesure et confidentielle. Cependant, covid19 oblige ou distance géographique importante (j'ai un coaché au Chili par exemple), le coaching peut être fait par visioconférence.

Généralement, je propose de se voir toutes les 3 semaines. 3 semaines sont suffisantes pour savoir si une nouvelle habitude a été ancrée. Parfois, selon l'urgence, les séances peuvent se dérouler tous les 15 jours.


6- Au final, quelles sont les points communs et les différences entre une prise en charge par un·e psychologue ou par un·e coach en développement personnel ?


Le·a psychologue et le·a coach en développement personnel ont le même objectif pour leur·e patient·e/coaché·e à savoir, les mener au bien-être et l’accomplissement de leurs buts personnels.


Ce qui distingue ces deux professionnel·les c’est la méthode utilisée pour atteindre ces buts.

  • Celles utilisées en psychologie clinique (comme les TCC par exemple) s’appuient sur des recherches en laboratoire ou sur le terrain visant à identifier l’efficacité des interventions et sont validées scientifiquement (donc hors psychanalyse puisque méthodes non scientifiques).

  • Celles utilisées en développement personnel s'appuient sur l’expérience de réussites passées connues et cohérentes et qui marchent pour nous ou nos autres coachés.


Là où la psychologie avance doucement en évaluant chaque intervention scientifiquement, le coaching va toujours plus vite et innove toujours plus dans ses méthodes de travail.


Pour le finir, le niveau de profondeur d’analyse est différent en prise en charge thérapeutique qu’en coaching.

  • Pour le premier, le travail de réflexion se fait en profondeur et demande au·à la patient·e de réfléchir à sa vie passée et actuelle ainsi que d’identifier les mécanismes qui lui sont délétères et ceux qui lui sont favorables. Les solutions sont plutôt d’ordre structurel et fonctionnel.

  • Pour le coaching, les solutions sont plus généralement d’ordre pragmatique et pratique (retrouver de la motivation, gagner en confiance en soi, être plus performant dans ses tâches, développer un état d’esprit propice à la réussite).


Par conséquent, le temps de prise en charge varie entre les deux professionnel·le : une prise en charge thérapeutique est bien souvent plus longue qu’un coaching.


En conclusion, demandez-vous toujours :


· Qu’est-ce qui motive votre demande de changement (un mal-être qui perdure ou bien une volonté de faire mieux) ?


· Qu’est-ce qui vous freine de la réalisation de vos projets (par exemple, des traumas non réglés ou bien une organisation qui laisse à désirer) ?


· De quoi vous avez besoin pour avancer (un travail sur soi en profondeur pour panser des douleurs passées ou des problématiques actuelles, ou bien d’un coup de pouce solide pour vous recentrer) ?


· Quelle méthode m’inspire le plus de confiance et rentre le plus en adéquation avec mes besoins (solutions pragmatiques ou bien travail sur soi) ?


Il est également important de retenir que l’un n’empêche pas l’autre et que parfois, pour qu’un coaching soit encore plus efficace, le fond doit être traité. L’inverse est également vrai, la souffrance du·de la patient·e peut s’apaiser à l’aide d’une prise en charge thérapeutique et par l’instauration d’un coaching pour l’aider dans l’accomplissement de ses buts. L’alliance des deux ne peut que permettre un cercle vertueux où, en plus d’un travail qui éclaire sur son fonctionnement psychique, la confiance en soi est renforcée par la réussite de projet.


7- Quels sont les livres qui aident vos pratiques et que vous conseillez aux lecteurs ?


LC: Pour ma part, je recommande les livres suivants :

  • Le livre Compétences Émotionnelles, de Mikolajczak, Quoidbach, Kotsou & Nélis, 2020 qui traite de comment gérer ses émotions pour favoriser une bonne santé mentale et physique, ainsi que d’assurer la performance au travail et dans les relations sociales.

  • Un livre recommandé par une consœur : S'aimer: comment se réconcilier avec soi-même, Neff, 2013 traitant de l’autocompassion et de la bienveillance envers soi-même

  • Pour finir, je suis friande de livres qui aident au développement des compétences cognitives comme Penser mieux, travailler moins, Allain, 2013.


GL: Si je dois ne citer que 3 livres :

  • Pouvoir illimité de Anthony Robbins, le livre référence de la PNL.

  • L'essentialisme de Greg Mckeowns pour connaître les activités à privilégier pour votre réussite.

  • Avaler votre crapaud de Brian Tracy, un livre qui concentre des techniques efficaces contre la procrastination.


8- Quels conseils donneriez-vous aux les futur·es psychologues ou coachs ?


LC: Lisez! Formez-vous, posez des questions, remettez en cause vos connaissances et votre pratique. Observez vos croyances afin de ne pas tomber dans les jugements de valeur (critique de style de vie, de choix de vie et d’idéaux).


Demandez des feedbacks à vos patients afin d’éviter une relation thérapeutique trop asymétrique de type soignant / soigné.e. Un parcours thérapeutique se construit toujours à deux avec l’aiguillage bienveillant du psychologue.


Pour finir, n’oubliez pas qu’il en va de notre responsabilité de continuer de nous former et de rester informé·e sur les avancées scientifiques, que cela soit sur le fonctionnement cognitivo--comportementale, les maladies psychiques, les thérapies ainsi que leurs effets sur les patients.

GL: Hormis, la base, c'est-à-dire, continuellement apprendre, se remettre en question, créer un feedback efficace...mon principal conseil serait de respecter le rythme du coaché.


En tant que coach, nous avons plein de stratégies en tête pour améliorer les performances et le bien-être. Sauf que chaque personne est unique, avec son vécu, son expérience et ses préférences.


Vouloir aller trop vite ou vouloir provoquer trop de changements par séances c'est prendre le risque de décourager le coaché. Et surtout ne pas imposer sa solution, mais accompagner le coaché a trouvé sa solution.


Si vous avez besoin d'informations complémentaires pour affiner votre choix, alors vous pouvez nous laisser un commentaire. Nous serons ravis de répondre à vos questions. Par ailleurs, n’hésitez pas non plus à commenter bien si vous avez des éléments à nous faire part.

 

Lucie Cormons

Psychologue Clinicienne

3 chemin de la trière 38240 Meylan, France

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